Samedi 3 février, "Week-end : Les Images de la guerre d’Algérie"
CARTE BLANCHE A BENJAMIN STORA
/ INVITES : COSTA GAVRAS - YVES BOISSET
A partir de 10h
tarif :10 € ;
Journée entière comprenant les projections,
deux repas et pause thé.
tarif : 5 € ; Demie journée comprenant
les projections, un repas et pause thé.
Sinon l'entrée est toujours sur libre participation.
« Les années algériennes »
de Benjamin Stora, Philippe Alfonsi, Bernard Favre, Patrick Pesnot.
Les années algériennes est une série
documentaire de 4h diffusée sur Antenne 2 en septembre-octobre
1991. Elle a été réalisée par Bernard
Favre, produite par Philippe Alfonsi et conçue par Benjamin
Stora. Programmée au moment du trentième anniversaire
de l'indépendance de l'Algérie, l'entreprise a nécessité
deux ans de travail autour d'une centaine de témoins, de
centaines d'heures de documents filmés (archives de l'INA
et de l'ECPA). Il ne s'agit pas ici de raconter simplement la
guerre d'Algérie, mais de la comprendre, sans excuser les
différents acteurs. Tous les points de vue sont représentés,
du soldat à l'immigré algérien, du pied-noir
au harki. L'auteur, l’historien Benjamin Stora, a estimé
qu'il était trop simple de juger ou condamner, mais plus
instructif, et plus utile, d'analyser les responsabilités
pour espérer se prémunir contre un mauvais futur.
Peu de grands noms dans ce défilé des témoins
et des acteurs. La parole est ici donnée aux anonymes qui
ont vécu cette guerre au quotidien. Ils se confrontent
à leurs souvenirs et à leurs oublis, et posent des
questions : la haine, la violence, les bombes, les massacres étaient-ils
évitables ? L'indépendance algérienne pouvait-elle
se payer d’un prix moins lourd ? Des deux côtés
de la mer, ces points d’interrogation continuent toujours
de tarauder souterrainement plusieurs générations.
10h : Première
partie : « D’amour et de haine »
(63 mns)
- L’Algérie d’avant la guerre, l’Algérie
coloniale, l’insurrection du 1er novembre 1954…
11h : Deuxième
partie : « Les tricheurs »
(67 mns)
- L’envoi du contingent, la bataille d’Alger, au terrorisme
de FLN, l’armée française répond par
la torture.
12h : Pause Repas
13h : Troisième
partie : « Je ne regrette rien »
(61 mns)
- De Gaulle parle d’autodétermination, le putsch
des généraux, la création de l’OAS,
l’Algérie flambe, le départ d’un million
de pieds-noirs, le massacres des harkis.
14h30 : «
Algérie été 62, l'indépendance aux
deux visages » de Benjamin
Stora et J.M Meurice
(2002, 53 mns)
Ce film revient sur les mois qui ont suivi la proclamation de
l’indépendance en Algérie, le 5 juillet 1962.
Quarante ans après, une dizaine d’acteurs de la révolution
algérienne -leaders historiques de l’insurrection,
chefs des maquis de l’intérieur, cadres de l’Armée
des frontières, responsables de la Fédération
de France du FLN…-, interrogés par l’historien
Benjamin Stora, évoquent, devant la caméra de Jean-Michel
Meurice, cet été pendant lequel les nationalistes
qui venaient d’en finir avec la guerre contre le colonisateur
se sont affrontés dans une terrible bataille pour le pouvoir,
jusqu’à la victoire d’Ahmed Ben Bella.
Tout au long de ce documentaire de 52 minutes, illustré
d’images d’archives, ces hommes, qui ont joué
un rôle essentiel dans la guerre d’indépendance,
racontent l’été 1962, en partant de la signature
des accords d’Evian, le 19 mars. Car, pour comprendre les
évènements qui ont conduit à la discorde
et à la dégradation du processus algérien,
il faut avoir une vision nette de cette révolution géographiquement
écartelée entre les maquis de l’intérieur,
(des hommes très affaiblis par la guerre), l’Armée
des frontières stationnée au Maroc et en Tunisie,
le Gouvernement provisoire de la République algérienne
(GPRA, basé à Tunis) et les « chefs historiques
» de l’insurrection (arrêtés en octobre
1956 et prisonniers en France). Un écartèlement
qui va façonner l’histoire politique algérienne.
15h30 : Réflexion
sur le rapport de l’historien aux images. Débat
avec Benjamin Stora
L'historien
des faits politiques est intéressé, ou concerné,
par le cinéma pour plusieurs raisons. Avec la source écrite
et les témoignages oraux, le cinéma apparaît
comme une source nouvelle pour écrire l’histoire
contemporaine du XXe siècle. Le cinéma n'est pas
simple reflet, miroir de sociétés, mais aussi un
formidable catalyseur de mémoire. Il introduit également
une forme de support essentiel pour l'observation des traces historiques.
Certes, la littérature compte pour beaucoup dans les fabrications
d'imaginaires. Mais l’image cinématographique et
dans une moindre mesure, télévisuelle, dispose en
cette fin de XXe siècle d'une « puissance de feu
» impressionnante. Benjamin Stora explique son travail d’historien
confronté à la « fabrication » d’images
pour les documentaires.
16h30 : Pause Thé
17h
:
« La Bataille d’Alger » d’Yves
Boisset
(52
mns)
« Que reste-t-il aujourd’hui de la bataille d’Alger
dans la mémoire collective ? Sans doute le souvenir d’une
victoire militaire des paras de Massu et des « Bérets
rouges » de Bigeard sur le FLN . Mais aussi le souvenir
d’une immense défaite politique et morale qui devait
sceller le sort de l’Algérie française. Une
défaite de l’honneur et de l’éthique
qui révéla au grand jour la pratique de la torture
par l’armée française. Une défaite
stratégique, enfin, qui servit de ferment à la mobilisation
du peuple algérien contre « l’occupant français
».
18h : Le
50ème anniversaire de la Bataille d’Alger.
Débat avec Yves Boisset et Benjamin Stora
19h : Pause Repas
20h
: « Mon colonel »
réalisé par Laurent Herbiet
(Fiction, Scénario de Jean-Claude Grumberg,
Costa-Gavras. Avec Olivier Gourmet, Robinson Stévenin,
Cécile de France, 1h51)
1995, Paris. Le colonel en retraite Raoul Duplan est trouvé
chez lui, une balle dans la tête. Une lettre anonyme est
envoyée aux enquêteurs : "Le colonel est mort
à Saint-Arnaud". 1957, Saint-Arnaud, est de l'Algérie
: un jeune officier juriste, Guy Rossi, prend ses fonctions auprès
du colonel Duplan. La machine des pouvoirs spéciaux et
de la torture institutionnalisée se met tranquillement
en route. Elle fera du jeune juriste un bourreau. Et elle rattrapera
Duplan quarante ans plus tard.
22h : Débat
en présence de Benjamin Stora, Yves Boisset et Costa Gavras |
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