« EXILS»: Théâtre - Projections - Débats - POM - Revue de presse

du 2 octobre au 25 octobre 2003
Témoins Voyageurs
La création : avril à septembre 2003

Exploitation : octobre 2003

Résumé
Des comédiens professionnels incarnent sur scène les récits du voyage d’immigrés, de leur point de départ jusqu'à leur arrivée en France.
Après une série d’entretiens menés au cours des mois de mai et juin, entre les témoins et les comédiens du JTN, ces derniers retranscriront sur scène les récits de voyages en octobre 2003.
Cette proposition théâtrale se déroulera en présence des ‘‘voyageurs’’, témoins sur scène de leur propre histoire, racontée par les comédiens.

Le contexte
Entre les personnes que l’on est venu chercher par camions entiers pour venir travailler en France ou ceux qui ont fui leur pays par leurs propres moyens, tous les récits nous intéressent.
Malgré toutes les difficultés qu’ils vont rencontrer, des milliers d’hommes et de femmes sont prêts à entamer un périple difficile. Leur calcul est simple : ‘‘ce sera toujours mieux qu’avant’’. Leurs raisons de partir sont économiques ou politiques, leurs moyens de transport, de la barque de fortune à l’avion, sont multiples, mais leurs destins sont souvent communs.
Si l’on prend en considération le parcours effectué par les immigrés pour arriver jusqu’en France, on peut au moins accorder à ces hommes et ces femmes le statut ‘‘d’aventuriers’’.

Ce voyage, que des milliers d’hommes et de femmes sont prêts à faire pour franchir les frontières de la misère, nous voulions le raconter.

Nous souhaitons, à travers le récit de leurs voyages, redécouvrir ces gens sous un autre jour. Loin des visions idéales, misérabilistes, ou moralisantes, il s'agit simplement de rendre à ces personnes ce qui leur appartient : la dignité et le courage d’avoir affronté des épreuves difficiles pour arriver jusqu’ici.
Par ailleurs, il nous semble important que leurs histoires soient racontées, car bien souvent leurs enfants même les ignorent. Elles doivent également être dites pour rétablir la mémoire, essentielle à la construction identitaire de chaque individu.

Interrogations
Pourquoi ceux dont on raconte l’histoire sont-ils présents sur scène ?
Nous voulons rendre visible ceux qui, tous les jours, se font le plus discret possible. Nous souhaitons, que l’on puisse dire en parlant d’une personne, ‘‘c’est lui qui a vécu cela’’.
Par ailleurs, la fonction du comédien n’est pas de retranscrire exactement la vérité. Chaque spectacle est un mélange de vérité et d’imaginaire. La présence du témoin sur scène est alors une façon de trouver un compromis entre le réel et le spectaculaire.

Le déroulement des représentations ?
Nous présenterons trois récits par représentation. Le nombre de représentations sera donc fonction du nombre de récits. Chaque récit est censé être joué une seule fois.


du 30 octobre au 08 novembre 2003
Refuge(s)
Ecrit et mis en scène par Denis Lecat. Avec Denis Lecat et Marc Gosselin

‘‘Textes et Musiques confidentiels en regard de Sangatte’’

Suite à une série de visites au centre de réfugiés de la Croix Rouge à Sangatte, Denis Lecat livre un texte mélangeant récits, anecdotes, poésies et réflexions. Marc Gosselin joue les morceaux qu’il a composé, teintés de couleurs jazzy et inspirés par la musique kurde, perse, tzigane. Mélodie poétique ou effets bruitistes et dérangeants, elle met en relief le texte, laisse divaguer le spectateur dans son propre imaginaire.
Style direct et confidentiel, sans apitoiement ni voyeurisme. Plutôt un regard amusé, dans un doux cocktail d’émotion et d’humour, qui vient balayer calmement bon nombre d’idées reçues.

Extrait de la pièce
‘‘Ce qui frappe en tout premier lieu, ce sont les ‘‘logements’’, des Portakabin qui ressembleraient, ironie du sort, à des wagons sans roue. Véhicules immobiles qui accueillent des trains de passagers pour aller nulle part, pour rester là.
Dalles grises de béton immense, dans cette gare, ce hangar.
Pas d’herbes, pas d’arbres, pas de fleurs, à l’extérieur un terrain vague et des champs, à l’intérieur d’un vague entrepôt des silhouettes fantomatiques qui se baladent nonchalamment, par un, par deux, par petit groupe, et des enfants.
Ce qui frappe, ce sont les sourires, rien de grave, rien que du transitoire. Tu parles, un train sans roue arrêté devant un mur de tôle ondulée, et derrière, que de l’eau. […]’’

Texte disponible aux éditions Sansonnet.